
Bonjour vincent,
1 - Pouvez-vous vous présenter en quelques mots ?
Je m'appelle Vincent, j’ai 45 ans. Je suis photographe spécialisé en boudoir. Je vis et travaille à Lyon.
2 - Depuis quand exercez-vous comme photographe ?
Cela fait maintenant six ans que j’exerce en tant que photographe professionnel.
3 - Comment définiriez-vous votre style « boudoir » ? Est-il plutôt axé sur la mode, l’art ou la thérapie par l’image ?
Pour moi, le boudoir s’inscrit dans une démarche proche de la thérapie par l’image. Mon objectif est de montrer mes modèles sous leur meilleur jour et surtout de leur offrir un nouveau regard sur leur corps et sur elles-mêmes. Certaines clientes viennent pour se célébrer, d’autres pour se réconcilier avec leur image ou dépasser certains traumatismes. Dans tous les cas, il s’agit d’une expérience profondément personnelle.
4 - Qu’est-ce qui vous a attiré vers cette spécialité si intime de la photographie ?
Au début, je faisais surtout du portrait et un peu de mode en extérieur avec des modèles amateurs. Je les trouvais magnifiques, mais elles avaient toutes des complexes. Un jour, l’une d’elles m’a proposé une séance en lingerie. Cette expérience a été un déclic. En mêlant esthétique, intimité et lutte contre les complexes, j’ai découvert le boudoir et j’ai immédiatement su que cela me correspondait.
5 - Selon vous, quelle est la plus grande idée reçue sur le boudoir ?
On confond souvent photo de charme et photo boudoir. La photo de charme est pensée pour plaire à un public, souvent masculin. Le boudoir, lui, est destiné à plaire avant tout à la personne photographiée. C’est une démarche personnelle, pas démonstrative

6 - Comment différenciez-vous une séance boudoir d’une séance de photographie de charme plus classique ?
La différence se joue dans l’intention et dans le regard. En boudoir, je privilégie des angles en trois-quarts et pas frontaux, une lumière sculptante, des poses élégantes et jamais vulgaires. Le regard aussi est important : en boudoir, le modèle ne fixe pas l’objectif. Il n’y a pas de connexion directe avec un spectateur, car l’image est pensée pour elle-même, pas pour séduire quelqu’un.
7 - Où trouvez-vous votre inspiration ?
Je travaille beaucoup avec d’anciennes clientes devenues des amies. Cela me permet de tester de nouvelles poses ou tenues en toute confiance. Je m’inspire aussi des réseaux sociaux, mais en adaptant les idées à ma propre vision.
8 - Préparez-vous beaucoup vos séances en amont ?
Je prépare moins la séance que la personne. Je travaille souvent avec des femmes qui n’ont jamais posé. Il est donc essentiel d’instaurer un climat de confiance et de bien comprendre leurs attentes pour personnaliser pleinement leur expérience.
9 - Préférez-vous travailler en lumière naturelle ou artificielle ?
Je travaille exclusivement en lumière naturelle. Pour moi, le boudoir doit rester simple et authentique. Sur mes images, il y a généralement un appareil photo, un lit ou un canapé, et une fenêtre. Rien d’excessif. Mes clientes doivent pouvoir se dire : “Ces photos pourraient être faites chez moi.” Et c’est vrai.
10 - Comment gérez-vous un modèle très complexé ou timide ?
Avec écoute, patience et bienveillance. Sans jugement. Le shooting se fait à son rythme. Mon job c'est de m'adapter à chaque personne.

11 - Comment guidez-vous les poses sans qu’elles paraissent rigides ?
Je montre les poses et j’encourage toujours le mouvement. Une pose n’est jamais figée. C’est une transition permanente, un geste, un déplacement subtil. Le naturel vient du mouvement.
12 - Quel est votre rapport à la retouche ?
En boudoir, on peut corriger l’acné, les boutons, les bleus, tout ce qui est ponctuel. En revanche, je ne retouche pas les rides, les vergetures ou les marques du temps. Elles racontent l’histoire de mes clientes, et cette histoire mérite d’être respectée.
13 - Avez-vous déjà refusé une séance ?
Non, sauf lorsqu’il s’agit de personnes qui ne souhaitent pas payer ou veut me payer en visibilité...
14 - Pensez-vous que la photographie boudoir puisse aider à guérir certains traumatismes ?
Oui, j’ai vu des transformations magnifiques. Mais une séance boudoir ne remplace pas un travail thérapeutique. C’est un levier, un déclencheur, parfois une étape importante, mais pas une solution unique.
15 - Comment gérez-vous la confidentialité des images ?
J’attends toujours plusieurs mois après la séance avant de demander l’autorisation de diffusion. Je laisse le temps à mes clientes de réfléchir sereinement. Certaines images peuvent aussi être anonymisées afin qu’elles ne soient pas reconnaissables.
16 - Quel conseil donneriez-vous à un photographe qui souhaite se lancer mais a peur d’être mal perçu ?
L’avis des autres on s'en fout. Si votre intention est sincère et que vous souhaitez aider des femmes à se réconcilier avec leur image, allez-y. En revanche, il faut être honnête avec soi-même : le boudoir n’est pas un prétexte pour draguer.
Pour découvrir son travail, vous pouvez visiter son site web :
